Sous les murs gris et les surfaces vitrées du bâtiment, la Rance coule, contenue par le barrage de Rophémel. La nouvelle usine d’eau potable d’Eau du bassin rennais entre en service, inaugurée en 2026, soixante-deux ans après la mise en route de l’ancienne installation de 1964.
Une capacité de production identique, mais une souplesse inédite
L’usine peut produire 30 000 mètres cubes d’eau potable par jour, un volume comparable à celui de l’ancienne. La différence se joue dans l’amplitude : elle peut passer rapidement de 450 à 1 500 mètres cubes par heure en cas de besoin. Un atout pour absorber les pics de consommation ou les imprévus sur le réseau.
Le barrage de Rophémel, achevé en 1937 et restauré en 2025, permet de prélever de 7 à 9 millions de mètres cubes par an d’eau brute. L’usine alimente 26 communes de Rennes Métropole et figure parmi les plus importantes des 15 gérées par la collectivité.

| Repère | Donnée |
|---|---|
| Mise en service de l’ancienne usine | 1964 |
| Achèvement du barrage de Rophémel | 1937 |
| Restauration du barrage | 2025 |
| Inauguration de la nouvelle usine | 2026 |
| Capacité de production | 30 000 m³/jour |
| Amplitude horaire | 450 à 1 500 m³/heure |
| Prélèvement annuel d’eau brute | 7 à 9 millions de m³ |
| Communes alimentées | 26 communes de Rennes Métropole |
Ce qui change dans le traitement de l’eau
Derrière les vitres, « les meilleures technologies disponibles en termes de traitement de l’eau » sont déployées, selon Ludovic Brossard, président de la collectivité Eau du bassin rennais. Le contraste avec les années 1960 est net : l’eau prélevée contient aujourd’hui plus d’algues, de pesticides et de produits chimiques.
Malgré une modernisation en 2005, l’ancienne usine était souvent en difficulté lors des pics de pollution. Le nouveau procédé enchaîne plusieurs étapes : agglomération des polluants, pesticides et matières organiques, puis attraction au fond des cuves. Le charbon actif, piège à bactéries et micropolluants, est introduit à deux reprises. Le microsable leste les particules en suspension, évacuées sous forme de boues. L’eau est ensuite filtrée et désinfectée par ultra-violets. En bout de chaîne, la faible teneur en matières organiques permet d’utiliser moins de chlore et d’améliorer le goût de l’eau.

Une mise en service sous tension sécheresse
L’inauguration s’est déroulée en l’absence de Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, et d’Emmanuelle Dubée, préfète de Région, retenues par une réunion de crise sur la sécheresse. Le contexte n’est pas anodin : la préfecture a reconduit l’état de crise sécheresse au 7 octobre 2026, maintenant les restrictions en vigueur depuis le 15 août.
Les faibles niveaux des cours d’eau et des nappes souterraines pèsent sur l’ensemble du système. « Il nous faut anticiper », commente Ludovic Brossard. « Nos infrastructures permettent une solidarité dans les deux sens avec les départements voisins. Mais nous devons nous préparer à moins d’eau disponible. Les industriels ont déjà baissé leur consommation de 25 %. Aujourd’hui tout le monde doit poursuivre ses efforts car nous sommes tous concernés. »

Les gestes qui restent d’actualité
Les restrictions en cours s’accompagnent de gestes simples rappelés par les autorités : réduire la durée des douches et éviter les bains, ne pas laisser couler l’eau inutilement, faire fonctionner lave-linge et lave-vaisselle à pleine charge, rechercher et réparer les fuites. Pour connaître le détail des usages interdits à Rennes et dans les communes concernées, le cadre local des restrictions d’eau à Rennes reste consultable.
La nouvelle usine de Rophémel ne résout pas à elle seule la question de la ressource : elle modernise le traitement et offre plus de réactivité, dans un territoire qui diversifie ses sources d’approvisionnement. Outre Rophémel, les barrages de la Chèze et du Canut, des prises d’eau en rivière ou en étang et des captages souterrains complètent l’alimentation du bassin rennais.
Les points à suivre
Pour les habitants des 26 communes alimentées, l’entrée en service de la nouvelle usine ne modifie pas le volume global disponible : elle change la capacité à traiter une eau plus chargée en polluants et à répondre vite aux variations de la demande. La restauration du barrage en 2025 et la souplesse horaire de l’installation s’inscrivent dans cette logique d’anticipation, sans lever les restrictions liées à la sécheresse, maintenues depuis le 15 août et reconduites au 7 octobre 2026.
Informations pratiques
- Pour aller plus loin : Les restrictions en cours depuis le 15 août (lien externe)
Source: Rennes Ici
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité éditoriale
Article rédigé à partir du reportage de Rennes Ici publié le 19 octobre 2026, avec vérification des chiffres et des citations.
- Capacité de production et amplitude horaire confirmées dans la source
- Dates de mise en service, de construction et de restauration du barrage vérifiées
- Citations de Ludovic Brossard reprises sans modification
- Contexte sécheresse et restrictions préfectorales confirmés
- Source
- Rennes Ici
- Portée
- Rennes
- Mis à jour
- 2026-10-20 07:39
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