L’hiver approche et, avec lui, la saison des crues. À Rennes, la question n’est plus de savoir si les crises climatiques frapperont, mais comment la ville et la métropole s’organisent pour y faire face. Cyrille Morel, adjoint rennais à la Sécurité civile et conseiller métropolitain à la Résilience et à la Sécurité, dresse un état des lieux sans détour.
Quatre familles de risques désormais surveillées
Le territoire ne se limite plus aux seuls aléas naturels. La classification s’est élargie à quatre grandes catégories :
- Risques naturels : canicules, inondations, tempêtes, aggravés par le changement climatique.
- Risques technologiques : transport de matières dangereuses et risque nucléaire.
- Risques sanitaires : pollutions, épidémies, à l’image du Covid en 2020.
- Risques sociétaux : grands rassemblements, attentats, cyberattaques ou ruptures de réseaux essentiels (alimentation, eau, électricité, communication).
En quinze ans, Rennes est passée de quatre risques identifiés à une vingtaine. « C’est considérable », reconnaît l’élu.
Ce qui inquiète le plus les autorités
Tous les risques comptent, mais certains ont changé de visage. La Bretagne se croyait épargnée par les fortes chaleurs : la sécheresse de cette année a prouvé le contraire, et le risque de rupture d’approvisionnement en eau potable est désormais jugé bien réel. Les inondations majeures, absentes depuis près de quarante ans, sont revenues en 2025 puis en 2026. Et la panne d’électricité massive survenue en Espagne a montré qu’aucun territoire n’est à l’abri d’une défaillance de réseau.
« Les facteurs de risques peuvent aussi se cumuler. C’est pourquoi nous devons anticiper toutes les situations », insiste Cyrille Morel.
Comment la Ville et la Métropole se préparent
La première étape consiste à mieux connaître les risques. Le Document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim), mis à jour en 2024, recense les situations et les bons réflexes. Un Plan communal de sauvegarde (PCS) organise ensuite la réponse des services selon chaque type de crise et son niveau de gravité.
Parce que les crises ne connaissent pas les frontières communales, Rennes Métropole s’est dotée en 2025 d’un Plan intercommunal de sauvegarde (PICS). Il organise la solidarité entre communes et la continuité des services métropolitains.

Des exercices et des retours d’expérience permettent d’ajuster les procédures, en interne comme avec les services de l’État et les pompiers. Ces bilans ont été menés après les inondations et sont en cours après l’épisode canicule-sécheresse de cet été.
Adapter le territoire, pas seulement réagir
La prévention passe aussi par l’aménagement durable. Il s’agit de prendre en compte les risques dans l’urbanisme, de limiter le ruissellement et l’imperméabilisation des sols, de préserver les zones d’expansion des crues et d’adapter les bâtiments aux fortes chaleurs. Cette démarche s’inscrit dans le Plan climat-air-énergie (PCAET) de Rennes Métropole, qui vise à rendre le territoire plus résilient.
Les habitants, acteurs de leur propre sécurité
La préparation des habitants est jugée essentielle. La Ville mène un travail de sensibilisation, notamment lors des Journées nationales de la résilience, et soutient les associations de secouristes. Chacun peut s’informer sur les bons réflexes, connaître les contacts utiles, constituer un kit d’urgence ou se former aux gestes qui sauvent.
En juin, Rennes a créé une réserve communale de sécurité civile forte de 36 habitants bénévoles. Ils ont déjà été mobilisés pour la Fête de la musique, orientant le public vers les points d’eau et les postes de secours. Pendant la canicule, ils ont contacté les personnes inscrites au registre des personnes vulnérables. En cas de nouvelles inondations, ils participeraient au soutien de la population et aux opérations de retour à la normale.
Un rendez-vous pour s’informer
Chaque année en octobre, Rennes organise la journée « Face aux risques, agissons ». L’édition 2026 se tiendra le 10 octobre, de 10h à 18h, place de la Mairie. Gratuite et ouverte à tous, elle permet d’apprendre les bons réflexes et les gestes qui sauvent face aux inondations, tempêtes ou attentats.
« Nous sommes dans une logique d’adaptation continuelle : prévenir, gérer, réparer, faire le bilan, et puis repartir. Plus forts pour la fois d’après », résume Cyrille Morel.
Informations pratiques
- Pour aller plus loin : le programme et toutes les informations sur l’événement “Face aux risques, agissons” (lien externe)
Source: Rennes Ici
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité éditoriale
Cet article s'appuie sur un entretien publié par Rennes Ici avec Cyrille Morel, adjoint à la Sécurité civile. Les faits, dates et citations sont issus de cette source.
- Vérification des dates et lieux cités (10 octobre 2026, place de la Mairie).
- Conservation des citations attribuées à Cyrille Morel.
- Aucune donnée chiffrée ajoutée en dehors des éléments fournis (36 bénévoles, 4 à 20 risque...
- Aucune information sur les budgets ou effectifs non mentionnée dans la source.
- Source
- Rennes Ici
- Portée
- Rennes
- Mis à jour
- 2026-10-09 10:02
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