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Dalles podotactiles jaunes sur un trottoir pour aider les personnes malvoyantes à se déplacer.

Montpellier: un nouveau recours pour se déplacer sans voir

À Montpellier, les personnes aveugles et malvoyantes disposent désormais d’une structure locale pour accéder à un chien guide formé dans les rues, les tramways et les carrefours de la ville. L’école de chiens guides et d’assistance portée par France Défi Vision a été inaugurée le 16 juin 2026, après une ouverture opérationnelle le 5 janvier.

Installée rue de la Vieille Poste, dans le quartier Port Marianne, près de la Maison pour tous Mélina Mercouri, cette école vient réduire une distance concrète pour les familles et les futurs bénéficiaires: jusqu’ici, l’Occitanie ne comptait qu’une école reconnue par le réseau national, à Toulouse.

Des chiens formés dans les conditions réelles de Montpellier

Le choix de Montpellier n’est pas seulement géographique. Les chiens y apprennent leur futur rôle dans un environnement urbain dense: trottoirs, traversées piétonnes, stations de tramway, bus, façades, portes d’immeubles et lieux fréquentés.

Lors de l’inauguration, le maire Michaël Delafosse a accepté de porter un bandeau sur les yeux et d’être guidé par l’un des chiens en apprentissage, selon le récit de l’association. La scène résume l’objectif de la structure: rendre tangible ce que signifie se déplacer en ville quand la sécurité dépend aussi du harnais.

Montpellier: un nouveau recours pour se déplacer sans voir

France Défi Vision, présidée par Thierry Jammes, forme actuellement six chiens: Vasco, Api, Alya, ainsi que trois chiots, Bloom, Aria et Bailey. Les premiers chiens en éducation doivent être remis en 2026 à des personnes déficientes visuelles. Les trois chiots devraient suivre en 2027, une fois adultes et formés.

Jusqu’à deux ans d’attente pour obtenir un chien guide

L’ouverture montpelliéraine répond à un besoin identifié en Occitanie: le délai d’attente pour obtenir un chien guide peut atteindre deux ans, faute de structures de proximité. Chaque parcours demande entre 18 et 24 mois de travail, avec une formation d’environ 20 mois avant la remise gratuite à une personne déficiente visuelle.

Le coût moyen est estimé à 30 000 euros par chien. Il comprend les soins vétérinaires, l’alimentation, les équipements, l’éducation et l’accompagnement. Ces dépenses sont prises en charge par l’association, qui fonctionne grâce à des fonds privés, des dons, des legs et des partenariats.

Montpellier: un nouveau recours pour se déplacer sans voir

Pour un bénéficiaire, l’enjeu dépasse le déplacement d’un point à un autre. Un chien guide apprend à sécuriser l’espace de marche, à repérer les passages piétons, à trouver une porte, un abribus, un abri de tram ou une place dans un véhicule. Thierry Jammes précise qu’un chien guide doit assimiler une soixantaine d’ordres et protéger un espace d’environ 60 cm à l’épaule droite de son maître.

Le soutien de la Ville rend possible le local de Port Marianne

La Ville de Montpellier met à disposition le local de l’école et a financé les travaux de pose et d’installation du grillage, pour un montant de 26 000 euros. Une subvention de fonctionnement de 1 000 euros est également versée à France Défi Vision.

La structure dispose aussi de deux parcs extérieurs destinés à l’entraînement et à la détente des chiens. En journée, ils sont accueillis à l’école. Le soir, le week-end et pendant les vacances scolaires, ils rejoignent des familles d’accueil.

Montpellier: un nouveau recours pour se déplacer sans voir

Cette organisation permet de travailler à la fois la technique du guidage et l’équilibre quotidien du chien. Elle place aussi les futurs chiens guides au contact direct des habitants: les chiots en éducation circulent déjà en centre-ville et au Polygone, où leur présence suscite souvent des échanges avec les passants.

Une aide différente selon le handicap et le parcours du chien

L’école a aussi vocation à éduquer des chiens d’assistance. La distinction est centrale: le chien guide accompagne une personne aveugle ou malvoyante dans l’espace public, tandis que le chien d’assistance intervient plutôt au domicile auprès de personnes ayant d’autres formes de handicap.

Tous les chiens ne vont pas au bout de la formation de guide. Certains peuvent être réorientés si une peur persistante, par exemple des pétards ou des escalators, crée un blocage incompatible avec la sécurité d’un déplacement urbain. Dans ce cas, l’animal peut être réformé du guidage et dirigé vers une mission d’assistance.

Pour France Défi Vision, la prochaine étape tient autant à la formation des chiens qu’à la solidité financière de l’école. Thierry Jammes avertit que la structure ne pourra pas durer sans dons, legs et partenaires économiques, malgré l’aide municipale déjà engagée.

Source: En Commun – Montpellier

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Nadia Ferrand

Nadia Ferrand

Auteur

Nadia Ferrand suit l’actualité de Montpellier avec une attention particulière aux décisions municipales, aux services publics et aux initiatives de quartier. Passée par plusieurs rédactions locales, elle privilégie les sources vérifiées, les comptes rendus accessibles et le suivi des dossiers qui touchent directement les habitants, de la mobilité aux équipements collectifs en passant par la vie associative

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