Un grand-père et son petit-fils discutant ensemble chez eux pour illustrer le dialogue familial.

Don d’organes à Lannion : pourquoi parler à vos proches change tout

Une campagne pour briser le silence

À Lannion, comme partout en Bretagne, la question du don d’organes se joue souvent dans un couloir d’hôpital, au moment où plus personne n’a la force d’en parler. C’est précisément ce silence que France ADOT 22 veut briser avec sa nouvelle campagne « Passez le relais ! », lancée à l’approche de la journée mondiale du don d’organe, le 17 octobre.

En France, plus de 23 000 personnes attendent aujourd’hui une greffe d’organe. Si quatre Français sur cinq se déclarent favorables au don, on comptait encore 37 % de refus en 2025. « En 2024, ce chiffre était de 21 % en Bretagne », se réjouit Hervé Le Serre, président de France ADOT 22. Pour lui, c’est le fruit du travail des militants, « qui fait que les mentalités avancent ».

Ce que dit la loi française sur le consentement

Le cadre juridique est souvent mal compris. En France, chacun est présumé donneur d’organes, sauf s’il s’y est opposé de son vivant en s’inscrivant sur le registre national des refus. Ce registre reste peu utilisé : moins de 500 000 personnes y figurent.

Mais cette présomption légale ne suffit pas toujours. Même lorsqu’une personne n’est pas inscrite sur le registre, la question du don est posée aux proches en dernier recours. Or, beaucoup n’ont jamais exprimé leur choix de leur vivant. Ce décalage explique en grande partie les 37 % de refus enregistrés au niveau national.

« Si chaque Français connaissait l’avis de ses proches sur le don d’organe, les choses seraient bien plus faciles au moment où l’on y est confronté », martèle Hervé Le Serre.

Un décès peut sauver jusqu’à sept vies

Les chiffres donnés par France ADOT 22 rappellent la rareté du don. Sur 150 décès, un seul peut prétendre au don d’organe. Il s’agit des morts encéphaliques, souvent causées par un accident ou un AVC — des morts brutales pour les proches. Et ce seul décès peut sauver jusqu’à sept vies.

C’est pourquoi la campagne « Passez le relais ! » met en avant une signature simple : « Savoir pour ses proches, ça change tout ! » L’objectif est d’encourager le dialogue en famille, sans attendre un jour de deuil pour aborder le sujet.

Lannion, ville ambassadrice du don d’organe depuis 2023

La Ville de Lannion s’est engagée sur ce terrain depuis 2023, en signant une charte d’engagement pour sensibiliser les habitants au don. Elle est devenue à cette occasion « ville ambassadrice du don d’organe ».

France ADOT, la Fédération des associations pour le don d’organes et de tissus humains, est reconnue d’utilité publique depuis 1978. Fondée en 1969, elle fédère un réseau national d’associations départementales de bénévoles qui agissent partout en France pour informer et sensibiliser sur le don d’organes, de tissus et de moelle osseuse.

Comment faire connaître votre choix

Pour exprimer votre position sur le don d’organes, deux voies existent :

  • Dire votre choix à vos proches : c’est la démarche la plus efficace, car ce sont eux qui seront consultés en dernier recours.
  • S’inscrire sur le registre national des refus si vous vous opposez au don : cette inscription est la seule façon de rendre votre refus opposable.

À Lannion, la campagne « Passez le relais ! » se déploie à l’approche du 17 octobre. Le message est simple : un repas de famille, une conversation ordinaire peuvent suffire à éviter une décision prise dans l’urgence et l’incompréhension.

Informations pratiques

Source: Ville de Lannion

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