Vue aérienne d'une vallée asséchée illustrant la sécheresse critique d'un barrage en France.

Brest : l’eau potable en danger, il reste moins d’un mois de stock

Une situation inédite depuis plus de 40 ans

Le taux de remplissage du barrage du Drennec, qui alimente en eau potable le Pays de Brest, est tombé à 32 %. Du jamais-vu depuis plus de quatre décennies. Réunis ce jeudi 8 octobre à l’usine de traitement de l’eau potable de Pont ar Bled, à Plouédern, les représentants des communautés de communes du Nord Finistère et de Brest métropole ont lancé un cri d’alerte : sans baisse immédiate des consommations, l’eau pourrait venir à manquer.

« Nous ne sommes plus en alerte rouge mais écarlate. Il nous reste quelques semaines de stocks. Et si l’on ne fait rien, nous n’aurons plus d’eau dans moins d’un mois », prévient Stéphane Roudaut, président de Brest métropole.

La cause est connue : une pluviométrie en berne depuis l’été. Philippe Rybski, directeur du syndicat de bassin de l’Elorn, confirme : « Nous en sommes à moins 60 % de pluviométrie par rapport à la moyenne annuelle observée sur les 40 dernières années. »

Une consommation qui ne baisse pas

Tout l’été, l’État et les collectivités ont alerté, et des mesures de restriction des usages de l’eau ont été prises. Pourtant, les chiffres restent mauvais. « On constate que la consommation d’eau est la même qu’il y a un an, et même légèrement supérieure à il y a un an », poursuit l’élu.

Brest : l'eau potable en danger, il reste moins d'un mois de stock

Dans le même temps, les territoires voisins du Sud Finistère ont déjà atteint leurs limites. Si rien n’est fait, le Nord du département suivra le même chemin, avec une baisse des débits au robinet, voire un arrêt des activités économiques.

La consommation moyenne actuelle par jour et par habitant est aujourd’hui de 112 litres. « Pour réussir, il faut baisser de moitié les consommations », estime Noémie Saint-Hilary, directrice d’Eau du Ponant.

Les gestes à adopter dès maintenant

Pour les particuliers, les bons gestes sont légion et à adopter massivement : prendre une douche plutôt qu’un bain, récupérer l’eau avant qu’elle ne devienne chaude, la réserver aux usages prioritaires et respecter les restrictions en cours.

Brest : l'eau potable en danger, il reste moins d'un mois de stock

« Si chacun adopte aujourd’hui une vraie baisse de ses consommations en eau, alors on passera le cap », veut croire Noémie Saint-Hilary. Des efforts tout de suite, et des efforts massifs.

Vers une tarification progressive et un stockage hivernal

Les acteurs du territoire travaillent en parallèle à adapter les infrastructures, notamment pour stocker les eaux hivernales. Des mesures sur la tarification progressive sont aussi à l’étude pour Brest métropole, avec une mise en service possible dès 2027, a annoncé Stéphane Roudaut.

Mais l’urgence reste immédiate. Face à des prévisions météo qui ne prévoient pas de pluie en quantité suffisante d’ici la fin octobre, chacun a un rôle à jouer. « Si on veut voir les réserves se refaire, il nous faudrait environ 200 mm d’eau, pendant un mois », indique Philippe Rybski. On en est loin. « Et si on ne limite pas massivement nos consommations, tout de suite, on va dans le mur », prévient Stéphane Roudaut.

Source: Brest métropole

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Rédaction Technologie et Science

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